Histoire de cantine

Faut-il pleurer, faut-il en rire

Au secours !... Madame Badinter.

Mardi 8 juin 2010, par Félix // Réunions du CM

A l’ordre du jour du CM du 04 juin 2010 : ouverture d’une 5 ième classe, en raison de l’augmentation des effectifs des enfants scolarisés. Il faut s’en réjouir. C’est bon pour le village.

Mais les locaux ? On ne peut pas dire que cette éventualité (prévisible) de classe à ouvrir ait fait l’objet de réelles réflexions anticipées. Passons. Il a fallu opter, rapidement, pour la location d’un modulaire (type Algéco).

- Le modulaire, d’une durée de location de 11 mois, voir 12 (de septembre à juillet compris) sera réservé à la salle informatique ;

- La salle informatique actuelle, sera, elle, affectée à la nouvelle classe.

Mais

- L’augmentation des effectifs aura des répercutions sur la cantine.

En effet, la capacité d’accueil de la cantine est d’environ 50 enfants. Et nous n’en sommes pas loin ! En cas de demande supérieure à 50 :

- Quelles critères d’admission mettre en place ?

Admettre, en priorité, les enfants dont les parents travaillent ? ça se discute. Ce critère a semblé interpeler un membre de la "noble" assemblée du Conseil Municipal, car, paraît-il :

- il y a des femmes qui ne travaillent pas (élever des enfants : c’est quoi ça !?), qui laissent leur(s) enfant(s) à la cantine et qui (un scandale !), en profitent pour aller...Mais où vont-elles ces mères"indignes"...qui en profitent pour aller...pour aller...

...Chez le coiffeur !!

Oh !!...Quelle horreur !

Pause poésie :

- On ne voit pas le temps passer (Paroles et musique de Jean Ferrat. 1965)

On se marie tôt à vingt ans

Et l’on n’attend pas des années

Pour faire trois ou quatre enfants

Qui vous occupent vos journées

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Entre les courses la vaisselle

Entre ménage et déjeuner

Le monde peut battre de l’aile

On n’a pas le temps d’y penser

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Faut-il pleurer, faut-il en rire

Fait-elle envie ou bien pitié

Je n’ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer

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Une odeur de café qui fume

Et voilà tout son univers

Les enfants jouent, le mari fume

Les jours s’écoulent à l’envers

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A peine voit-on ses enfants naître

Qu’il faut déjà les embrasser

Et l’on n’étend plus aux fenêtres

Qu’une jeunesse à repasser

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Faut-il pleurer, faut-il en rire

Fait-elle envie ou bien pitié

Je n’ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer

...........................................

Elle n’a vu dans les dimanches

Qu’un costume frais repassé

Quelques fleurs ou bien quelques branches

Décorant la salle à manger

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Quand toute une vie se résume

En millions de pas dérisoires

Prise comme marteau et enclume

Entre une table et une armoire

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Faut-il pleurer, faut-il en rire

Fait-elle envie ou bien pitié

Je n’ai pas le cœur à le dire

On ne voit pas le temps passer

.............................................

1965. Cela fait 45 ans. Nous sommes en 2010...et les temps ont (auraient dû) changé. Il resterait encore une conception rétrograde du rôle de mère, au service exclusif de son enfant ? Oh que oui ! La preuve.

Que des structures existent (dont la cantine) qui donnent aux femmes (aux hommes ; aux familles monoparentales ; aux couples ; etc.) le droit à des espaces, à des moments de liberté, à des moments d’autres choses ; des moments à soi, à toi, à nous, quoi ! sans les enfants...Est-ce un scandale ?!

Elisabeth Badinter...Au secours !